Schönbrunn : Le palais se trouve à Vienne. En 1809, après Wagram, Napoléon Ier y séjourna. C'est en ce lieu que, désormais, vivra le fils de l'Empereur. Voici quelques photos montrant ce lieu.
- Photos tirés du site : Vienne -
- Le palais de Schönbrunn -
Désormais, le jeune prince ne porte plus le nom de Napoléon : Ce nom rappelle trop de mauvais souvenirs à la cour de Vienne, aussi l'appelle-t-on Frantz comme son grand-père, l'Empereur d'Autriche. L'enfant change de titre également, le Roi de Rome doit laisser la place au duc de Reichstadt. On lui donne comme précepteur le comte Maurice Dietrichstein, un être d'une pédanterie insupportable s'exerçant à tout propos et à propos de rien (André Castelot : "L'Aiglon"). A Schönbrunn, le fils de l'ex-empereur n'aura, parmi tous les membres de la cour, qu'un seul véritable ami : Antoine de Prokesh-Osten.
A 16 ans, l'adolescent prendra vraiment conscience de qui il est. Coïncidence ? Dans son testament, à Ste-Hélène, l'Empereur avait dicté qu'il léguait à son fils :
"Mes armes ; savoir-mon épée, celle que je portais à Austerlitz, le sabre de Sobieski, mon poignard, mon glaive, mon couteau de chasse, mes deux paires de pistolets de Versailles. Mon nécéssaire d'or, celui qui m'a servi le matin d'Ulm, d'Austerlitz, d'iéna, d'Eylau, de Friedland, de l'île de Lobau, de la Moskowa et de Montmirail ; sous ce point, je désire qu'il soit précieux à mon fils.
Je charge le comte Bertrand de soigner et conserver ces objets et de les remettre à mon fils lorsqu'il aura seize ans.
Trois petites caisses d'acajou, contenant la première, trente-trois tabatières ou bonbonnières ; la deuxième, douze boîtes aux armes impériales, deux petites lunettes et quatre boîtes trouvées sur la table de Louis XVIII aux Tuileries, le 20 mars 1815 ; la troisième, trois tabatières ornées de médailles d'argent...
Mes lits de camp, dont j'ai fait usage dans toutes mes campagnes.
Ma lunette de guerre.
Mon nécéssaire de toilette un de chacun de mes uniformes, une douzaine de chemises et un objet complet de chacun de mes habillements, et généralement de tout ce qui sert à ma toilette.
Mon lavabo.
Mes deux montres et la chaîne de cheveux de l'Impératrice.
Je charge Marchand, mon premier valet de chambre, de garder ces objets, et de les remettre à mon fils lorsqu'il aura seie ans.
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Je charge le comte Montholon de garder ces objets, et de les remettre à mon fils lorsqu'il aura seize ans
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Je charge mon chasseur Noverraz. de garder ces objets, et de les remettre à mon fils lorsqu'il aura seize ans
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Je charge Saint-Denis de les garder de garder ces objets, et de les remettre à mon fils lorsqu'il aura seize ans"
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Mais les exécuteurs testamentaires ne pourront jamais approcher l'héritier du grand Napoléon. A Vienne, le fils de Napoléon porte l'uniforme blanc de colonel et commande au 60eme d'infanterie de ligne régiment "Prince Gustave Wasa". Les Viennois sont fiers de voir défiler à la tête d'un de leurs régiments le fils du grand napoléon, et, toutes les jeunes sont, dit-on, amoureuses du beau prince.
Le dimanche 22 juillet 1832, jour pluvieux, après une longue agonie, âgé de 21 ans, l'Aiglon meurt. Mais de quoi au juste est-il mort ? Effectivement, si la majorité des historiens estiment que le jeune homme était de santé fragile (rhumes, bronchites, laryngites, congestions se sont succédés à chaque imprudence, lésant profondément le tissu pulmonaire qu'à l'époque on ne savait soigner), et, un organisme, par ailleurs surmené, ne pouvait éternellement résister ; d'autres, en revanche (M. de Marceley : Meurtre à Schoenbrunn), penchent pour un empoisonnement à l'arsenic. On peut, certes, se poser la question car le jeune prince gênait bien du monde : D'abord les Bourbons, puis les Orléanistes, et même jusqu'à son grand-père l'Empereur d'Autriche. Ce dernier, lorsqu'il apprit la nouvelle, à linz où il se trouvait avec la cour, de la mort de son petit-fils, dit, les larmes aux yeux, au capitaine Moll "Avec son caractère malheureux, on aurait pû s'attendre au pire. tant que je suis en vie, il n'y aurait rien eu à craindre, mais il aurait pu donner du fil à retordre à mon fils ; il était imbu de principes politiques vraiment pervertis, sans qu'on ait jamais pu savoir qui les lui avait inculqués.
Horrifié-et soulagé-l'empereur parla à voix basse d'une conversation que Reichstadt avait eue un jour au théâtre de la Cour et où il avait osé défendre "la souveraineté du peuple". "Vous voyez cela d'ici ! reprit l'empereur avec une terreur rétropsective. Si mes sujets viennent me dire qu'ils ne veulent plus de moi"Moll essaya de défendre la mémoire de François "Vous avez raison, conclut l'empereur ! Il était en même temps comme ci, comme çà...." Un seul pleura vraiment le jeune prince, son ami intime : Prokesch.
Le mardi 24, à lieu la cérémonie funèbre, et, à la Neue-Markt, à la petite église des Capucins, après l'ultime absoute, le cercueil est descendu dans la crypte. On avait paré le sarcophage d'un drap de velours, puis on l'a revêti d'une enveloppe de cuivre, ornée d'une croix tréflée, semblable à celle des autres archiducs. on y grava une inscription en latin qui, en français, donne "A la mémoire éternelle de Joseph-Charles François, duc de Reichstadt, fils de Napoléon empereur des Français et de Marie-Louise, archiduchesse d'Autriche, né à Paris, le 20 mars 1811. Au berceau salué du nom de Roi de Rome ; à la fleur de son ^ge, doué de toutes les qualités de l'esprit et du corps, d'une haute stature, d'un beau visage, d'une grâce singulière de parole ; remarquable par ses travaux et son aptitude militaire ; attaqué par la phtisie, la plus triste mort l'enleva dans le palais impérial de Schönbrunn, près Vienne, le 22 juillet 1832."
On avait enfin osé nommé le père du Roi de Rome et lui reconnaître ses titres, après tout danger de revoir le nom de Bonaparte ressurgir en France et, avec les idées dangereuses de la Révolution aussi l'empereur François prescrivit cette épitaphe. Trois ans plus tard, il rejoignait son petit-fils, tandis que, dans huit ans, Napoléon Ier, parmi une foule en liesse, faisait son retour définitif "parmi ce peuple français" qu'il avait tant aimé, et, dans seize ans, Louis-Napoléon Bonaparte, le fils de Louis Bonaparte et de Hortense de Beauharnais allait devenir le premier président de la République Française, titre que, après son coup d'Etat en 1851, il transformerait en celui d'Empereur sous le nom de Napoléon III. Mais revenons à 1832, maintenant que la mort avait touché de son aile le jeune homme, la légende de ce dernier pouvait commencer.
(sources : André Castelot, Octave Aubry, M. de Marceley)
- 1)Le jeune Franz en uniforme de sergent, monte la garde auprès de son grand-père (gravure tirée de "L'Aiglon" de A. Castelot) ; 2)le comte Maurice Dietrichstein (gravure extraite de "L'Aiglon" de A. Castelot) ; 3)Antoine de Prokesh-Osten (gravure tirée du livre "Le Roi de Rome" de Octave Aubry)
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- L'Aiglon, dans son uniforme de colonel autrichien, méditant (doc. personnelle) -
- Le duc de Reichstadt à la tête du 60eme d'Infanterie, régiment De Wasa (gravure tirée du livre de Octace Aubry "Le Roi de Rome") -
- Mort de Napoléon, duc de Reichstadt au château de Schoenbrunn à Vienne :
Le 22 juillet 1832, le fils de Napoléon sentant sa fin prochaine fit appeler sa mère, qui érait depuis huit jours au château pour prodiguer des soins à son fils, et son oncle, le prince Charles, pour recevoir les derniers embrassements, l'empereur d'Autriche était absent. Il se fit donner l'épée de son père, la pressa sur son cœur en disant : "Hélas ! Je ne m'en servirai donc jamais". Peu de temps après il expira.
"Après avoir langui sur la terre étrangère,
Il va dans les cieux rejoindre son père!!!.." (Doc. personnelle) -
- Masque mortuaire de l'Aiglon -
- Exposition du corps du duc de Reichstadt dans la chapelle de la Hofburg, 24.07.1832. Lithographie de Wolf d'après une aquarelle de Hoechle (gravure tirée du livre de Octace Aubry "Le Roi de Rome") -
- Gisant du duc au château de Schönbrunn (doc. personnelle) -
- Le tombeau du fils de Napoléon dans l'ombre de l'Empereur François, à la Hofburg ; au fond, le tombeau de Marie-Thérèse. (Photo tirée du journal "L'Illustration" du 21.12.1940) -
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